Dans la vieille ville de Mossoul, « la victoire est pour bientôt »

Dans la vieille ville de Mossoul, « la victoire est pour bientôt »



Un soldat passe à hauteur du socle du minaret Al-Hadba détruit par les membres du groupe Etat Islamique, le 29 juin.

Le dôme vert éventré de la mosquée Al-Nouri et le socle rogné du minaret d’Al-Hadba se détachent derrière un enchevêtrement de voitures calcinées, de gravats et de tôles gondolées. Personne parmi les forces antiterroristes irakiennes stationnées dans la rue Farouk adjacente, en cette fin de journée, jeudi 29 juin, ne prête pourtant attention à ce symbole déchu du califat autoproclamé de l’organisation Etat islamique (EI).
Les djihadistes les ont privé de cette victoire, en faisant exploser le site emblématique de Mossoul. Déterminés à semer derrière eux la désolation, ils les ont entraînées dans une bataille âpre et violente, où l’odeur du sang se mêle à celle des corps putréfiés et de la terre brûlée.
Les véhicules blindés Humvee noir cherchent leur chemin entre les trous béants laissés par des frappes aériennes jusqu’aux devantures criblées d’impacts de l’artère commerçante de la vieille ville. Les soldats chargent les coffres d’armes et de munitions abandonnées par les djihadistes. Une vieille dame, haletante et livide, attend sur le capot d’un Humvee d’être transportée à l’arrière. Il est presque 20 heures, la nuit tombe, les soldats, épuisés mais soulagés, se jettent sur les rations de nourriture, leur premier repas d’une journée interminable.
« On part vers la victoire »
La fatigue était déjà là, à l’aube, sur les visages et dans les yeux rougis. Alignés au bout d’une venelle, 150 mètres en amont, des soldats presque tous dans la vingtaine attendent le coup d’envoi de l’opération. Les visages sont fermés, les langues liées.
Le soldat Moussa est l’un des rares à fanfaronner : « On part vers la victoire. De quoi devrais-je avoir peur ? » Dans la maison adjacente, le lieutenant-colonel Salam Jassem Hussein, à la tête du second bataillon de la première division antiterroriste (ISOF-1), scrute sur un large écran, équipé d’un joystick, l’image retransmise par la caméra de surveillance mobile installée sur le toit.

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